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Rentrée : une catastrophe occultée (Audio)

Portrait de Prof

Passation de pouvoir entre Luc Chatel et Vincent Peillon

Source : Communistes Hebdo n° 263

Semaine du 03 au 09 septembre 2012

 

05 septembre 2012

Rentrée : une catastrophe occultée

«Postes, conditions de travail, moyens… la pire des rentrées », tel est le titre du communiqué du syndicat SUD-éducation, qui n’est certes pas une organisation qui remette en cause le système ou fasse trembler le Capital.

 

La douce illusion du changement a déjà vécu. Le tour de passe-passe tenté par le gouvernement, « on ajoute mille postes », est sans effet face à la réalité, il y a quatorze mille enseignants de moins cette année que la précédente. Dans le premier degré, les RASED sont agonisants, les remplaçants solitaires au milieu du désert, les élèves toujours plus nombreux dans les classes, les consignes toujours aussi impératives, la hiérarchie toujours aussi présente et les élèves des milieux populaires encore plus maltraités.  Dans le secondaire, les non titulaires sont au rebut et au chômage, les stagiaires ont des heures supplémentaires, les effectifs des classes explosent.

 

La machine idéologique est elle aussi en marche, et à vitesse accrue. Cet été le ministère a soi-disant organisé la concertation afin d’élaborer une nouvelle loi d’orientation de l’Ecole, pour montrer sa différence avec le précédent. Il est vrai que quand on mène la même politique, il faut pour attirer le chaland électeur, essayer des différences de forme.

 

Las, même sur la forme, c’est pareil, si ce n’est pas pire. La grand-messe de l’été a deux buts : instrumentaliser les associations et les syndicats et se trouver quitte de la consultation des personnels. Mais, fondamentalement, tous les acteurs, comme on dit, sont appelés à valider une orientation qui s’inscrit totalement dans la ligne de la précédente loi d’orientation, celle de Fillon en 2005.

 

L’exemple type est le socle commun. Le socle commun, c’est une école du minimum suffisant et indépassable pour les enfants des milieux populaires : l’OCDE l’a écrit, la France a besoin d’emplois peu ou pas qualifiés. C’est l’uniformisation des consciences, le formatage maximum ; c’est le flicage des élèves et des enseignants ; c’est la parcellisation des savoir-faire ; c’est réserver l’accès au savoir à une élite et tout faire pour empêcher les autres d’y parvenir. Eh bien, malgré l’opposition de quelques syndicats minoritaires (la CGT, SUD) ou même majoritaire dans leur secteur (le SNES), les réticences de quelques autres (FO), c’est décidé, on continue. La future loi décidera de comment mettre en place ce fameux socle commun.

 

En outre, le gouvernement a décidé de se passer de la consultation des personnels, et, cela est une première : les précédentes lois d’orientation, même celle de Fillon, avaient été précédées d’un temps assez long au cours duquel les collègues enseignants avaient pu donner leur avis, même si les gouvernants n’en avaient pas vraiment tenu compte.

 

Il se confirme donc ce que nous disions depuis le début. Hollande et Sarkozy ne sont que les deux faces d’une même pièce. Les capitalistes, qui sont prévoyants, ont toujours plusieurs fers au feu. Mais la politique est la même, quel que soit le fondé de pouvoir de la bourgeoisie, qu’il s’appelle UMP ou PS.

 

Cette rentrée catastrophique ne semble pas vraiment émouvoir la gauche de la gauche, qui apprécie les mesures positives sans les citer (normal, il est assez difficile de les trouver). Le plus bel exemple est celui de l’éditorial du président de la FCPE, proche de la gauche du PS mais dirigeant une organisation où le Front de Gauche compte. Jean-Jacques Hazan nous indique donc que « Il était temps que soit annoncée une autre vision politique de l’école. », mais aussi que « Il y a urgence, mais pas seulement pour l’année qui vient, il y a urgence pour la rentrée 2013 » Voilà comment passer en pertes et profits la pire rentrée scolaire depuis 1945 !!!

 

Dans les salles des professeurs, les uns sont maussades, d’autres grognent, beaucoup râlent. L’état de grâce de Hollande et de sa clique ne va pas durer. Evidemment tout est fait par les directions syndicales pour que ce malaise ne se traduise absolument pas par la grève. Pourtant, lors de cette rentrée comme lors des précédentes, des écoles étaient fermées parce que les enseignants grévistes réclamaient l’annulation d’une fermeture ou une ouverture de poste. Dans l’éducation nationale comme ailleurs, seule la lutte permettra d’avancer, de gagner sur des revendications.  Communistes est et sera solidaire et partie prenante de toutes les luttes, de tout ce qui permettra de les unir.

 

  • Length: 4:06 minutes (1.88 Mo)
  • Format: MP3 Mono 44kHz 64Kbps (CBR)

Commentaires

Le pouvoir d'achat, lui, n'est pas rentré : jugez plutôt

Depuis le 1/1/2000, les prix ont augmenté de 22,75% tandis que le point d'indice, qui sert à calculer les salaires de la Fonction Publique, n'augmente que de 9,05%.

Pour des agents en fin de carrière, ceci se traduit très concrètement par une perte mensuelle de pouvoir d'achat de l'ordre de 220€ en catégorie C; 300€ en catégorie B; 420€ en catégorie A.

Le gouvernement précédent arguait que c'était compensé par le GVT (glissement vieillesse technicité): autrement dit, par les passages d'échelon.

Mme Lebranchu aura-t-elle l'audace de reprendre cet amalgame à son compte?

En attendant, difficile pour un-e jeune prof de se loger!

Flash Information Sden-CGT – Educ'Action n°87

Portrait de Prof

Rentrée 2012 : le compte n'est pas si bon, selon le SNES

«Première année du changement que cette rentrée 2012, affirmait Vincent Peillon lors de sa conférence de presse de rentrée.

Le changement pourtant ne saute pas aux yeux des personnels! Les témoignages recueillis lors du Conseil national (CN) relatant la situation des établissement sont convergents. La conjonction de l'augmentation des effectifs dans le second degré et des suppressions de postes (-6550) produit ses effets. Les effectifs atteignent souvent 28 à 30 élèves par classe en collège, 35 et plus en lycée, les TZR subissent des conditions d'affectation détériorées, et la décharge de 3 heures des stagiaires, faute d'anticipation, se traduit dans certains cas par des heures supplémentaires. Quant aux réformes imposées par le précédent gouvernement, elles continuent de sévir tant au lycée qu'au collège. [...]»

Frédérique Rollet, cosecrétaire générale du SNES, N°723 (15 septembre 2012) de l'US (Université Syndicale)