L'Europe?

Soumis par Iurop le mer, 2012-10-17 23:12

Drapeau européen avec douze point d'interrogation.

Qu'est-ce que l'Europe? Nous sommes dans le brouillard, déclarait il y a peu Daniel Cohn-Bendit, qui lui-même ne sait plus bien s'il est de droite ou de gauche, libéral ou écolo ou les quatre à la fois. Mais il sait au moins une chose: que l'Europe doit se lever! Le titre de son dernier ouvrage, Debout l'Europe!, rappelle en miroir le slogan de Nicolas Dupont-Aignan : «Debout la République!» S'affrontent ainsi deux conceptions d'urgence politique. En ouvrant ce forum, cependant, nous ne voulons pas particulièrement les appeler à dialoguer. Notre intention est plutôt d'inviter chacun à s'exprimer sur ce qu'est et sur ce que doit être l'Europe qui menace aujourd'hui ou bien d'éclater brutalement et de se disperser dans les replis nationalistes que suscite son éloignement souvent méprisant voire despotique à l'égard de ses peuples ou bien de se durcir dans le libéral-fascisme.

Commentaire(s)

Polit'producteur (non vérifié)

mer, 2012-10-17 23:47

«Il n’est plus possible de faire l’Europe à la place des Européens. Ce sont eux qui doivent choisir s’ils veulent faire l’Europe, et éventuellement comment. [...] Aujourd’hui, ce sont les Etats membres qui disent ce qu’est, et surtout ce que n’est pas, l’Union européenne. [...] Les bénéficiaires de cette conjoncture sont les forces antidémocratiques ou franchement racistes qui se servent de l’Europe comme d’un épouvantail pour récolter des fruits politiques et attirer des électeurs. Erigé sur les décombres des guerres mondiales dans le but de garantir la paix, de promouvoir le progrès et de faire progresser la liberté, l’idéal européen a produit l’inverse. [...] ... non seulement nous n’avons pas unifié l’Europe, mais nous sommes en train d’en exciter les esprits primitifs en arrachant les racines libérales et démocratiques de ses pays membres.»

Voilà quelques passages bien frappés d'un article propre à nourrir la discussion que vous ouvrez. À lire en intégralité sur Presseurop.

Polit'producteur (non vérifié)

jeu, 2012-10-18 22:30

Comment Communistes juge l'état de l'Europe :

Communistes Hebdo

268 Semaine du 08 au 14 ocotbre 2012

 

11 octobre 2012

Europe capitaliste : PS et Droite unis

Dans notre article « Non à l’Europe capitaliste » du 19 septembre, nous rappelions ce qu’est réellement le nouveau traité qui vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale. Nous vous invitons à lire (ou relire) cet article qui contient notre position sur tous les points fondamentaux de la question européenne. (Non à l’Europe capitaliste- 19-09-2012)  

         

°      °     °

 

L’Assemblée Nationale vient de ratifier le traité budgétaire européen à une très large majorité par 477 députés, socialistes et UMP confondus. Au Sénat PS et UMP vont voter de même la  main dans la main.

 

 « Tant mieux qu’il n’y ait pas que les députés de gauche qui aient voté pour ce traité…, moi ce qui me préoccupe c’est l’intérêt de la France » a déclaré le premier Ministre socialiste J.M. AYRAULT à la tribune de cette Assemblée. « C’est une bonne nouvelle pour la France » a souligné de son côté F. Fillon. Tout le monde est content.

 

Pour le parti socialiste l’intérêt de la France c’est d’adopter un traité qui avait été négocié au mot près par Sarkozy et Fillon quand ils étaient au gouvernement ! Pour les dirigeants du parti socialiste l’intérêt de la France c’est marcher côte à côte avec cette droite dont on sait tout ce qu’elle a imposé au peuple et au pays ! Cette union de plus en plus évidente entre le PS et la droite, au nom de  « l’intérêt national », a déjà des conséquences visibles dirigées contre les travailleurs et le peuple français.

 

Ce n’est qu’un début. Concernant l’Europe, Mario DRAGHI qui est président de la BCR (Banque Centrale Européenne) précisait dans une interview au Wall Street Journal que « le traité budgétaire est un début, le modèle social européen est mort ».

 

En mars déjà sous Sarkozy, le parti socialiste s’était associé à la droite. Il avait permis grâce à son abstention à l’AN et au Sénat l’adoption du MES (mécanisme européen de stabilité) qui met en cause les lois et conventions collectives concernant les droits des salariés, leur emploi, leurs salaires (voir notre article du 23-02 : Le MES c’est quoi ?).

 

Tout un arsenal de lois et de textes se prépare. Le vote de ce traité européen en est un exemple éclairant. Le parti socialiste veut continuer à appliquer la politique sociale avec l’appui de la droite, au nom de l’ « intérêt national ».

 

Hollande a remplacé Sarkozy mais la même politique se poursuit. Il est grand temps de réagir, de développer les luttes tous ensemble, partout,  pour stopper les attaques du capital et du gouvernement à son service.

 

Écouter la lecture de cet article (02 mn et 26 s)

 

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Sédatif (non vérifié)

lun, 2012-10-22 18:45

Via Presseurop

22 octobre 2012

Die Zeit Hambourg

(Dessin de Zudin)

Il y a les eurosceptiques, les europhobes, et il y a les europhoriques. Ces partisans de l’idée fédérale se trouvent chez les intellectuels comme chez les responsables politiques, et ils sont au moins aussi dangereux que les premiers. Car ils se servent de l’Union européenne à des fins idéologiques, estime la Zeit. Extraits.

L’Europe est la dernière idéologie licite. Plus exactement, c’est ce qu’en font quelques-uns de ses propagandistes les plus acharnés. L’Europe n’a pas mérité un tel traitement et doit être prémunie contre ses plus ardents zélateurs.

Car, avant toute chose, l’Europe est un échafaudage précaire, vénérable et fragile en même temps, qui plus est en pleine crise. Avec l’Union européenne, l’Europe a enveloppé son histoire et son avenir dans une peau en perpétuelle mue. La situation économique provoque des mues plus nombreuses qu’à l’ordinaire – la dernière en date étant le sommet anti-crise de Bruxelles [les 18 et 19 octobre derniers à Bruxelles]. Il s’agit désormais de substituer aux mesures transitoires un cadre robuste. La forme précise que celui-ci doit revêtir fait l’objet de nombreuses controverses – comme d’habitude en Europe.

Très bien. Mais l’Europe ne se résume pas à cela. Elle est également brandie à la manière d’un épouvantail par un grand nombre de ceux que la mondialisation effraie, ceux qui n’ont aucune envie de mettre la main à la poche pour d’autres pays ou régions, ainsi que ceux en qui bout une rage inextinguible et qui ont fait de l’Union européenne l’objet de leur haine.

Enfin, il existe une troisième Europe, celle des europhoriques, ces gens qui veulent le plus d’Europe possible le plus vite possible. Ils font de l’UE une vision du monde et la détournent en idéologie.

Tableau apocalyptique

A la différence des populistes europhobes comme Umberto Bossi en Italie, Geert Wilders aux Pays-Bas ou encore les Vrais Finlandais [aujourd’hui rebaptisés “Les Finlandais”], les idéologues de l’UE ne sont nullement marginalisés, ils pèsent lourd dans le débat et leurs arguments réapparaissent sous une forme édulcorée dans les discours de nombreux responsables politiques, comme ceux du chef de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, ou encore ceux [du ministre des Finances allemand] Wolfgang Schäuble. Des schémas de la pensée idéologique polluent fréquemment le débat et, dans le pire des cas, apportent de l’eau au moulin des populistes de droite.

Les porte-parole de ces europhoriques sont des intellectuels de renom comme Ulrich Beck, Robert Menasse ou Daniel Cohn-Bendit. Or, en essayant de fuir les démons du passé par le truchement d’une Europe totalement intégrée, composée d’Etats-nations réduits à l’insignifiance, ils renouent précisément avec le passé, avec l’idéologie, et avec le wilhelminisme [le désir de grandeur nationale caractéristique du règne de l’empereur Guillaume II (1888-1918)].

Aujourd’hui, dans leur manifeste européen [Debout l’Europe !, cosigné par Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt], ils brossent un tableau particulièrement sombre du continent tout en laissant entendre que ce qui nous attend est bien pire encore si nous ne lançons pas sur-le-champ le chantier de l’intégration totale de l’Union… Sinon, "l’influence de notre civilisation deux fois millénaire risque d’être purement et simplement balayée".

Or la débâcle ne guette pas uniquement l’Europe. Le monde lui aussi court les plus graves dangers, "des litiges commerciaux de grande ampleur et de nouveaux conflits militaires internationaux" nous pendraient en effet au nez.

Comment des personnages si pondérés en sont-ils arrivés là ? L’entreprise dans laquelle se lancent aujourd’hui les europhoriques relève du paradoxe : c’est à l’heure où l’Europe est en proie à la sinistrose et à des difficultés sans précédent qu’ils entendent lui faire accomplir le plus grand bond en avant de son histoire. Il nous faut avancer d’autant plus vite que les temps sont durs, arguent-ils. Ce qui, naturellement, va complètement à l’encontre du sens commun : n’importe qui vous dira que, lorsque quelque chose fonctionne mal, il est préférable de faire preuve d’un tant soit peu de prudence. C’est précisément la raison pour laquelle Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt noircissent leur tableau apocalyptique.

Karl Popper, le grand philosophe de la raison, a désigné comme un signe caractéristique des idéologies le fait qu’il n’est pas possible d’en démontrer la fausseté, et donc leur irréfutabilité. Cela vaut également pour les europhoriques.

Au moindre dysfonctionnement de l’UE, au moindre doute raisonnable lorsque se pose la question de savoir si nous sommes sur la bonne voie, ils répondent : pour pallier les faiblesses de l’UE, une seule solution, (beaucoup) plus d’UE ! De toute évidence, les gens n’adhèrent à un tel raisonnement que parce qu’ils ne connaissent pas d’autre porte de sortie.

Des masses endormies par le système

L’objectif est justement de leur faire croire à l’absence d’issue. "Etre ou ne pas être" – ou encore : "C’est maintenant ou jamais, et qui le fera, sinon nous ?" – voilà ce que leur ont dit tous les guides idéologiques du siècle dernier. Chez Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt, nos deux exaltés de la scène politique européenne, cela conduit à une posture singulière, presque révolutionnaire. Ils interpellent impétueusement leurs camarades europhiles imaginaires : "Par facilité, lâcheté et manque de vision, trop de chefs d’Etat et de gouvernement préfèrent ne pas voir ce qui est en jeu. Réveillons-les. Ne leur laissons pas un jour de repos".

L’emploi du terme "lâcheté" est intéressant car il laisse entendre que, si Angela Merkel ou le président de la République française, François Hollande, ne souhaitent pas faire ce grand bond en avant, c’est uniquement de peur de ne pas être réélus. Or, si c’est vrai, c’est seulement parce qu’il n’y a tout simplement plus de majorités pour ces idées en Europe, car les gens n’ont pas encore suffisamment peur et parce qu’ils n’entendent pas non plus se laisser faire.

Robert Menasse nous donne lui aussi un aperçu de son sens de la retenue – il perd patience, entend faire le ménage : "A moyen terme, on peut également supprimer les parlements nationaux. Cela nous éviterait d’être confrontés à certaines absurdités, comme le blocage de la politique budgétaire commune par le Sieur Cameron pour protéger les spéculateurs de sa ‘City’, alors que la Grande-Bretagne ne fait même pas partie de l’Union monétaire européenne". L’idée est donc la suivante : Robert Menasse estime pouvoir réduire au silence les citoyens (et éclipser leurs intérêts) en leur ôtant simplement la possibilité de s’exprimer par la voie parlementaire.

L’antiréformisme fait également son retour dans cette idéologie européenne. De la même manière que, sous la République de Weimar, les sociaux-démocrates se voyaient accuser de réformisme par les communistes, les masses révolutionnaires européennes se voient aujourd’hui priées par Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt de ne jamais se laisser endormir par le système : "Une révolution radicale s’impose. Une révolution européenne de grande ampleur". "Rejetez les réformes trop timides".

L’argument qui veut que seule l’intégration permettra à l’Europe de s’affirmer dans un monde changé, face aux grandes puissances que sont les Etats-Unis, l’Inde, le Brésil, la Russie et la Chine, n’est pas dénué de fondement. Mais cette affirmation face au monde est un argument froidement pragmatique, à l’arrière-goût de wilhelminisme. L’Europe veut se faire sa place au soleil. C’est légitime, mais elle ne devrait pas faire un tel cirque à ce sujet. D’autant que les Etats avec lesquels l’Europe aura affaire à l’avenir sont pour l’essentiel des Etats-nations.

Une once de mégalomanie

La question ne serait donc pas nation ou pas nation, mais plutôt quelle devrait être sa taille et sa puissance. On a presque l’impression que l’Etat-nation met les europhoriques mal à l’aise en Europe, alors qu’ils l’admirent ailleurs. S’ajoute à ce complexe d’infériorité – rappelant une fois encore, hélas, celui de Guillaume II – une once de mégalomanie.

Si l’Europe ne s’unit pas, nous l’avons vu, des guerres mondiales nous pendent prétendument au nez. De même que sans l’Europe, c’est par exemple ce que prétendent les Verts, nous ne serons pas non plus en mesure d’empêcher un bouleversement climatique. Ne pourrait-on pas dire tout simplement que l’Europe cherche sa voie, les autres la leur et que, pour la suite, nous verrons ?

Qu’il est curieux d’entendre des personnes par ailleurs sensées se fourvoyer ainsi dans l’idéologie et cela précisément au sujet de l’Europe, notre pauvre continent, qui doit son peu de sagesse aux ravages bien trop nombreux qu’il s’est lui-même infligés.

Il est véritablement possible de parler de tout en Europe, de toute réforme, aussi considérable soit-elle. Cela ne pose aucun problème, vraiment. Mais pas sur ce ton. Stop !

Traduction : Jean-Baptiste Bor

 

Voici ce qu'écrivait le philosophe Gérard Granel (1930-2000) dans l'un de ses derniers textes, Monoculture? Inculture? (Perspectives du 3ème Millénaire), récemment réédité chez T.E.R. dans le recueil Apolis :

« ... ce ne sont pas seulement les cultures du passé, ni celles qui, en Afrique par exemple, survivent encore, ou survivaient il y a peu, dans de petites communautés “indigènes”, qui sont promises à la destruction par le mouvement d’extension mondiale de la Production de Richesse, ce sont nos propres appartenances culturelles à nous autres, glorieux Occidentaux. À commencer par l’appartenance nationale, qui était jusqu’ici à la fois le cadre et le souci de l’existence politique. Nous sommes en train de vivre cette évolution dans l’Europe de l’Euro, non seulement parce que le pouvoir régalien de battre monnaie – signe ancestral de la souveraineté – est en train de passer des mains des différentes banques centrales de nos pays à celles d’une unique Banque Européenne, mais encore parce qu’achève de se réaliser, avec le nouvel ensemble en gestation, la réduction de la politique moderne à ce qui fait désormais son objet essentiel: l’économique, lui-même compris comme production de la richesse.

Or là encore, notre Monoculture apparaît comme une machine à détruire. Non pas parce qu’elle n’atteindrait pas son but: la richesse, dans nos onze ou quinze pays (je ne sais plus), s’accumule et se reproduit en battant sans cesse ses propres records. Mais il apparaît, au grand désarroi de la théorie économique, que la pauvreté et le chômage se répandent également sur une échelle et à une vitesse sans cesse croisssantes. Qui s’en étonnerait ferait bien de relire Marx ... »

 

 31 mai 2013 - Presseurop - Les Echos, Le Monde, Handelsblatt, Frankfurter Allgemeine Zeitung

Petar Pismestrovic

La chancelière et le président souhaitent instaurer un gouvernement de la zone euro. Une idée qui pourrait changer la structure de l’UE, estime la presse de leurs deux pays. A condition que leur entente soit durable.

Angela Merkel et François Hollande réconciliés. La "contribution franco-allemande" annoncée le 30 mai marque une adhésion de la chancelière allemande aux propositions du président français sur la gouvernance de la zone euro. Pour le quotidien économique,

Logo – Les Echos, Paris

c'est la première fois qu’Angela Merkel adopte aussi clairement l'approche française d'une nécessaire coopération des politiques pour mieux faire converger les économies.

Dans son éditorial, Le Monde détaille les mesures du texte :

Logo – Le Monde, Paris

L’eurozone va se doter d’un président à plein temps. Il sera chargé de coordonner les politiques budgétaires et sociales des 17 membres de l’union monétaire européenne. C’est un pas de plus dans l’intégration de la zone euro. Elle se dote de cette "deuxième jambe", chère à Jacques Delors. Chacun y va avec quelques arrière-pensées. Pour l'Allemagne, cette évolution doit favoriser les réformes de structures destinées à rétablir la compétitivité de l'Europe. Pour la France, le gouvernement économique doit contrebalancer le poids de la Banque centrale européenne (BCE).

En Allemagne, les réactions de la presse sont mitigées. Le Spiegel Online constate que le président français se met à "cajoler" la chancelière allemande. Le site de l’hebdomadaire reste cependant sceptique sur la réalité de ce "tournant", même si Hollande fait "des efforts pour mettre en place une entente franco-allemande".

Pour Handelsblatt, le souhait d’Angela Merkel et de François Hollande de mettre en place un président à plein temps et un budget indépendant pour la zone euro donne l’impression d’ "une sécession secrète de la zone euro par rapport à l’UE":

Logo – Handelsblatt, Düsseldorf

Le plus grand scoop est la mise en place d’une commision propre à la zone euro au sein du Parlement européen, qui serait en charge du contrôle démocratique des nouvelles structures de l’union monétaire. Dans l’ensemble, la zone euro fait un énorme pas pour couper le cordon avec l’UE. Le Premier ministre britannique David Cameron qui essayait d’éviter une telle évolution de toutes ses forces, a probablement vécu ce jeudi comme un jeudi noir.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung estime quant à elle que François Hollande est depuis trop longtemps devenu le "maître de la duplicité" :

Frankfurter Allgemeine Zeitung, Francfort

Sur la scène européenne, il jure sa volonté de réformer et son sérieux budgétaire mais une fois chez lui, il ne tolère pas les conseils de la part de la Commission européenne. A long terme, cela ne marchera pas. L’offensive européenne d’Hollande ne sera couronnée de succès que lorsqu’il s’avèrera un partenaire fiable.

 

Suède: sur internet, l'extrême droite écrase les partis parlementaires

AFP le 18 juin 2013

La fréquentation des sites internet de l'extrême droite suédoise dépasse de très loin celle des partis représentés au Parlement, indique un rapport remis au gouvernement suédois mardi.

Selon ce rapport réalisé par le Conseil étatique des médias, les sept plus grands sites internet d'extrême droite attirent au total quelque 145.000 visiteurs uniques par jour. Lire la suite

24 octobre 2013 Il Sole 24 Ore Milan

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, aucun pays de l’UE n’atteindra les objectifs fixés pour 2020 en matière d’énergie verte et d’émissions de CO2. Alors que certains estiment que la barre avait été placée trop haut, d’autres affirment que des progrès même limités constituent déjà un pas en avant.

Nous sommes défaillants, d’accord. Mais qui ne l’est pas en Europe ? Pour une fois. Certes, la consolation est maigre, vu que le vieux continent aura bien du mal a à centrer ses engagements environnementaux et énergétiques (les deux, nous savons désormais, vont de pair) consignés dans le fameux protocole 20-20-20 : l’engagement à parvenir dans tous les États membres d’ici la fin de cette décennie à une réduction de 20% des émissions [de CO2] par rapport à 1990, avec pour corolaire l’amélioration dans les mêmes proportions de l’efficacité énergétique, et 20% d’énergies renouvelables sur l’ensemble de la production.

L’Europe, dans son ensemble, n’atteindra pas l’objectif, ni aucun pays de l’Union ne parviendra à respecter les trois engagements de la feuille de route décidée en 2008, ni n’émergera du lot des États défaillants. C’est ce qu’affirme le rapport Trends and projections in Europe 2013 – Tracking progress towards Europe's climate and energy targets until 2020 [“Tendances et projections en Europe 2013 – A la recherche des progrès vers les objectifs climatiques et énergétiques européens d’ici 2020”] que vient de publier l’Agence européenne pour l’Environnement.

Pour l’ensemble des pays européens, le critère le plus difficile à remplir s’avère être celui de la réduction de 20% de la consommation d’énergie. Aujourd’hui, selon les estimations de l’Agence, seuls quatre pays – La France, l’Allemagne, la Bulgarie et le Danemark – s’en approchent sur vingt six (la Slovénie et la Croatie n’y ayant pas souscrit). Il s’agit de ceux où les politiques fiscales et industrielles d’encouragement ont fonctionné.

Hors de portée

Et elle avertit que, quoi qu’il advienne, crise ou pas crise, les consommations européennes d’énergie primaire avoisineront en 2020 les 1 500 Mtep (soit 1 500 millions de tonnes d’équivalent pétrole), mettant l’objectif de réduction de la consommation absolument hors de portée.

Globalement l'Europe se rapproche de l’objectif de réduction de 20% des émissions de CO2 (la projection de l’Agence indique -18%) grâce à la crise, qui ralentit les machines de l'économie et du développement. Mais sur ce versant aussi, le chemin n’est pas le même pour tous. La moitié des États, 14 sur 28, tient le cap et pourrait donc remplir le contrat. Mais l’Espagne, la Belgique, l’Irlande, le Luxembourg, l’Autriche, l’Estonie et même la verte Finlande, sont hors des clous. Et les autres, pays, Italie comprise, ne pourront y parvenir que s’ils renforcent les mesures en cours.

Dans la course vers les 20% d’énergies renouvelables, c’est chacun pour soi

Dans la course vers les 20% d’énergies renouvelables, c’est chacun pour soi. L’estimation pour l’ensemble de l’Europe date un peu : en 2011 les énergies renouvelables assuraient 13% de l’ensemble de la consommation. Une donnée qui, à mi-chemin, pouvait faire espérer d’atteindre l’objectif en 2020. Mais là aussi, la course est à plusieurs vitesses.

La France (cela déplaira à ceux qui persistent à demander, en vain, d’inclure le nucléaire, prépondérant dans l’Hexagone, dans la liste des énergies éco-compatibles), mais aussi la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, Malte et la Lettonie restent en dessous du minimum fixé.

Question : Qui a raison, ceux qui, depuis le début, disaient que la résolution 20-20-20 était en réalité un exercice irréaliste et trop velléitaire ? Ou ceux qui affirment qu’une course, même inachevée, vers ce but peut déjà être considérée comme un succès ?

Traduction : Françoise Liffran

 

Via Presseurop

Elections européennes 2014 : Le vote contestataire monte et fait peur

7 octobre 2013  Le Monde  Paris
Krauze

Les succès des partis europhobes dans les pays membres annonce une vague eurosceptique lors des élections européennes de mai prochain. Leurs sujets favoris — l’immigration, l’austérité et le rejet de Bruxelles — dominent déjà la campagne.

La percée du parti anti-euro en Allemagne, la poussée de l'extrême droite en Autriche, la pression des europhobes de Nigel Farage sur les conservateurs britanniques, le désastre électoral du parti au pouvoir aux municipales portugaises pour cause d'austérité, constituent un préambule à la campagne des élections européennes de mai 2014, qui risque d'être marquée par les groupes hostiles à l'orthodoxie bruxelloise.

Aux traditionnels votes anti-immigration et anti-Bruxelles, qui ont nourri les vagues d'euroscepticisme, lors des précédents scrutins, s'ajoute un vote anti-Merkel et anti-troïka, qui prospère depuis la crise de l'euro et les plans d'austérité à répétition. Ces fronts des "antis" s'entrecroisent souvent. Les eurosceptiques sont inquiets du développement de l'immigration, tandis que l'austérité nourrit le refus d'une Europe libérale.

Alors que les partis de gouvernement sont plus préoccupés par les scrutins nationaux que par les européennes à faible participation, ces "antis" comptent capitaliser sur le scrutin des 22 et 25 mai 2014 pour asseoir leur influence. Ce mouvement intervient au moment où le Parlement européen gagne des pouvoirs plus importants, notamment dans le choix du président de la Commission.

Des Européens fébriles

Le président du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage, fait des élections européennes son principal objectif pour imposer ses vues au Royaume-Uni et pour changer le rapport de force à Bruxelles. C'est aussi une priorité pour les Vrais Finlandais ou le Front national (FN), tout comme pour Beppe Grillo, en Italie, ou le Syriza, le principal parti d'opposition en Grèce. Ils espèrent cristalliser les votes "antis" qui s'expriment plus aisément dans ce scrutin. "Les européennes sont des élections traditionnellement favorables aux partis périphériques", explique le politologue Dominique Reynié. "Elles sont à la proportionnelle et l'abstention y est importante, surtout chez l'électorat modéré."

Les ingrédients du cocktail sont connus : l’immigration, la bureaucratie et l’austérité

Les ingrédients du cocktail sont connus : l’immigration, la bureaucratie et l’austérité. Ils se mélangent parfois au risque de devenir explosifs. La polémique en France sur les Roms montre que l'immigration – vers l'Europe comme à l'intérieur de l'Union – sera l'un des thèmes de campagne. C'est le fonds de commerce de l'extrême droite, du Danemark à la Grèce, en passant par les Pays-Bas, l'Autriche et la France.

C'est aussi un sujet volontiers adopté par les eurosceptiques du UKIP ou par le nouveau parti anti-euro Alternative pour l'Allemagne (AfD). Pour une partie des Européens rendus fébriles par la crise, la libre-circulation est perçue comme une menace pour l'emploi. Le travailleur roumain ou bulgare est en train de remplacer le plombier polonais.

L'euroscepticisme profite de la crise. Aux critiques de la bureaucratie bruxelloise s'ajoute la mauvaise gestion de la tempête financière. "Depuis la crise de la dette, les pays du Sud sont persuadés que ce qui leur arrive est la faute de Berlin, tandis que les pays du Nord estiment que c'est à cause de Bruxelles qu'ils doivent donner de l'argent au Sud", explique le député du Parti populaire européen (PPE) Alain Lamassoure. Les Vrais Finlandais voient dans l'aide à la Grèce la justification de leur euroscepticisme, tout comme le Parti de la liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas qui atteint 30 % dans les sondages.

Non à Merkel, non à la troïka

A côté de ces deux oppositions traditionnelles, la crise a fait surgir un front anti-Merkel et anti-troïka qui prospère dans l'Europe du Sud, à gauche comme à l'extrême droite. En Grèce, le Syriza et le parti populiste des Grecs indépendants entendent profiter du large rejet des mesures imposées par Bruxelles et le Fonds monétaire international (FMI) pour s'imposer à Strasbourg. En Espagne, le mouvement des Indignés a promis des listes pour le scrutin de mai.

Jusque-là, l’extrême droite et les mouvements eurosceptiques, très divisés, avaient un poids limité au Parlement européen

"Le projet européen se trouve devant un risque très grand", reconnaît Anni Podimata, vice-présidente du Parlement, élue du Parti socialiste grec (Pasok). "Le sentiment antieuropéen s'aggrave énormément. Cela doit inciter les partis à assumer leur message européen." Jusque-là, l’extrême droite et les mouvements eurosceptiques, très divisés, avaient un poids limité au Parlement européen. Les élus du FN sont non-inscrits, tandis que d'autres mouvements se retrouvent au sein du groupe Europe libertés démocratie autour de Nigel Farage et de membres de la Ligue du Nord. Le rêve du FN est de créer un groupe avec le FPÖ autrichien, qui vient de dépasser les 20 % aux législatives du 29 septembre.

"Il y aura entre un quart et un tiers des députés qui voteront "non" à tout mais cela n'empêchera pas le Parlement de fonctionner. L'entente entre le PPE et les sociaux-démocrates sera encore plus nécessaire", soutient M. Lamassoure. Les deux partis ont annoncé qu'ils feraient une campagne droite-gauche mais l'entrée de campagne des sociaux-démocrates coïncide avec la décision du SPD de participer au gouvernement Merkel.

 

Polit'producteur (non vérifié)

sam, 2013-12-14 00:21

Via Presseurop

13 décembre 2013 Linkiesta Milan

"La Marche sur Rome"

"La Marche sur Rome" Mauro Biani

Les manifestations de "Forconi", "ceux qui brandissent des fourches" paralysent les villes italiennes et ont pris presque tout le monde par surprise. Mais leurs revendications non-partisanes contre l’austérité et les élites masquent des similitudes inquiétantes avec les débuts du mouvement autoritaire qui porta Mussolini au pouvoir.

Aristocrates qui roulent en Jaguar et paysans. Patrons et ouvriers au chômage. Camionneurs dans le collimateur d’Equitalia [l’agence de recouvrement des impôts], nouveaux idéologues du fascisme et jeunes des centres sociaux de gauche. Sympathisants et ex-sympathisants de la Ligue du Nord et de Beppe Grillo. Anciens adhérents du Parti démocrate (PD) et détracteurs de son nouveau secrétaire national Matteo Renzi. Syndiqués de base ou anciens syndiqués de la Confédération générale italienne du travail (GCIL, gauche). Opposants du fisc et indépendantistes vénitiens. Immigrés et hooligans.

Le mouvement des "Forconi" qui balaie actuellement l’Italie du nord au sud est un magma, une marmite en ébullition charriant une foule de sigles et d’emblèmes, politiques, syndicaux ou appartenant à divers mouvements de contestation. Il n’a pas de couleur politique clairement définie ni de coordination centrale ou de leader charismatique pour le porter. En somme, il n’est pas rationnel, mais "spontané", comme le soutiennent la plupart de ses représentants. Ses figures de proue présumées sont aujourd’hui connues. Comme Danilo Calvani, ancien maraîcher, ou Lucio Chiavegato, menuisier de Vérone et responsable de Life Vénétie [une association de petits entrepreneurs proches de la Ligue du Nord].

Mais chaque jour il en émerge de nouveaux, ils poussent comme des champignons. Et ils agissent sans raison rationnelle, sans idéologie, entre ceux qui menacent de brûler des livres à Savone [Nord], comme Hitler en mai 1933, et ceux qui vont jusqu’à organiser un simulacre de pendaison place Loreto, à Milan, sur le modèle de l’exécution du Duce Benito Mussolini.

La transversalité, la non-appartenance politique sont les mots d’ordre de cette curieuse forme de contestation qui semble avoir dépassé même le leader du Mouvement Cinq Etoiles, Beppe Grillo. Ils n’ont pas d’organe de pilotage commun. Les sympathisants d’extrême-droite, qui ont pour ordre de chanter exclusivement l’hymne national, se retrouvent ainsi aux côtés de jeunes tifosi qui entonnent des chansons hostiles à la police. Ils devaient être à Rome le jour du vote de confiance [en faveur du Premier ministre Enrico Letta, le 11 décembre] mais, pour des questions d’organisation, justement, ils ont préféré reporter la "marche" aux prochains jours.

Du Piémont aux Pouilles en passant par la Vénétie déferle un tsunami qui n’a ni queue ni tête et qui, à en croire les parallèles historiques les plus audacieux, présente certaines similitudes avec les guerres de Vendée

Du Piémont aux Pouilles en passant par la Vénétie déferle un tsunami qui n’a ni queue ni tête et qui, à en croire les parallèles historiques les plus audacieux, présente certaines similitudes avec les guerres de Vendée qui firent rage en France à l’époque de la Révolution. Les Chouans se composaient d’un noyau compact de nobles de province et de traditionnalistes monarchistes et catholiques. Ici, des chefs d’entreprises qui ont dû mettre la clé sous la porte en raison de la crise économique, comme dans la région de Vercelli [Piémont], où plusieurs exploitations agricoles sont allées manifester, les patrons comme les employés.

Fils de la récession

Des petits entrepreneurs qui figurent sur les listes d’Equitalia, celles-là même qui ont poussé tant de leurs collègues au suicide. Et puis il y a les enfants de la récession : selon l’OCDE, le taux de chômage des jeunes a bondi de 40,05% en septembre à 41,2% en octobre en Italie. *"Les gens sont déterminés, nous prenons de plus en plus d’adhésions pendant les manifestations. Toutes les couches sociales sont représentées, des médecins, des chômeurs, des travailleurs au chômage technique.

Des gens qui se lèvent à 4h du matin et qui rentrent chez eux à 10h du soir et qui, à la fin du mois, n’arrivent même pas à joindre les deux bouts parce qu’ils n’ont plus un sou vaillant en poche"*, affirme Luca Taddei du Collectif 9 décembre (qui soutient la contestation des Forconi).

La difficulté est d’arrêter les plus extrémistes, les infiltrés. Comme à Turin, une ville qui, comme s’en souviennent certains parlementaires, a toujours été dans l’histoire le berceau des mouvements contestataires, radicalisés dans les années 1970 par les Brigades rouges. Ce sont surtout les partis politiques qui veulent s’infiltrer chez les Forconi. Matteo Salvini, nouveau secrétaire de la Ligue du Nord [populiste] a été porté en triomphe jusqu’au Pirellone [le siège du gouvernement régional de Lombardie, à Milan] par les Cobas del latte [adhérents du syndicat autonome des producteurs laitiers].

Dans un style proche de Beppe Grillo, il a demandé aux forces de l’ordre de "retirer [leurs] casques et de [se] joindre au peuple" dans la rue. Silvio Berlusconi, le chef de file de Forza Italia, qui devait rencontrer à Rome une délégation de chauffeurs routiers, a décidé d’ajourner l’entrevue.

Pour sauver la finance les banques centrales sont toujours disposées à faire fonctionner la planche à billets, mais jamais pour soulager les pauvres. En effet, Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a déclaré ce matin (24.06.2016) qu'elle était prête à injecter 250 milliards de livres (326 milliards d'euros) de fonds additionnels afin d'assurer des liquidités suffisantes pour le fonctionnement des marchés suite à la victoire du «Brexit». On voit que sortir de l'Union européenne ne change pas nécessairement les pratiques capitalistes qui ont pour partie conduit à vouloir en sortir...